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An 2556, arrêt forcé à Phnom Penh



 

                                            Welcome to the Penh miss. I’ll show you my kingdom.


Ma carte bancaire, fidèle parmi les fidèles, est intransigeante cette fois-ci et refuse de cracher le moindre dollars… Je suis donc à l’arrêt et je dois prendre mon mal en patience en faisant durer au maximum les quelques billets qui restent dans ma poche. Mais je suis dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh, et j’ai plein de choses à découvrir, cette pause forcée est donc bienvenue.

Selon le calendrier bouddhiste, on basculera dans quelques heures en 2556. Il flotte dans l’air l’effervescence des préparatifs du Nouvel An Khmer dans cette ville qui était surnommée « le petit Paris d’Asie ». Mais ça, c’était avant, dans l’ère coloniale française, bien avant la tornade du régime des Khmers Rouges qui en un claquement de doigts a transformé pour de nombreuses années la ville en paysage fantôme, déserté de ses habitants.

Plus je m’intéresse à ce régime dictatorial d’une violence inouïe, moins je le comprends. J’ai dû mal à imaginer qu’il y a quarante ans un des régimes les plus paranoïaques et sadiques ait proliféré ici. Phnom Penh est une ville moderne, ses rues rectilignes et numérotées à la new-yorkaise, les habitants sont chaleureux et les garçons ont le sourire le plus dragueur que j’ai pu voir sur le continent, et puis il y a ces centres bouillonnants de vie, les marchés bien sûr, qui débordent d’odeurs et de couleurs et forment un réseau inextricable, et plus haut, dans les airs les colonnes des temples bouddhistes parsèment le ciel.

Phnom Penh n’est plus le Petit Paris, plus la ville fantôme, mais une ville avec une identité propre, ultra-urbaine tout en ayant une atmosphère de ville de front de mer, une ville à découvrir.

 

// Une ville de contrastes

Installée sur les rives du fleuve Tonlé et à la confluence du Mékong, Phnom Penh a un charme élégant, héritage de son passé colonial français et une atmosphère détendue et cosmopolite, malgré son passé plus que tumultueux.

Les voyageurs se ruent pour admirer le Palais Royal, la Pagode d’Argent, les temples qui parsèment la ville ainsi que le Musée National. Passer de la prison politique Tuol Sleng au Palais Royal, c’est plonger dans le Cambodge le plus meurtri pour ensuite papillonner des yeux devant l’opulence fière d’un des plus beaux temples d’Asie.

Plus prosaïque peut-être, ma préférence va aux balades sur les quais de la Sisowath donnant sur le Lac Tonlé et ses reflets café. Là se laisse voir une vie urbaine excitante et très diverse, brassant toutes les couches de la population, des vendeurs de livres aux groupes de femmes rassemblées pour une séance de gym rythmée en plein air, des adolescents au look soigné paradant sur leur skateboard, des amoureux sur les bancs qui attendent le coucher de soleil, des enfants qui courent tandis que s’affairent les parents. Et tout autour, des touristes qui essaient de s’adapter à la chaleur tout en hésitant entre les très nombreux bars et restaurants. Une fois assis, la nuit tombante, ce seront des petites filles pieds nus qui essaieront de leur vendre des bracelets et des cartes postales, certaines jonglant déjà entre l’anglais, le français et le russe.

Phnom Penh a la vivacité des villes asiatiques, avec ses nombreux marchés, ses tuk-tuks et ses courses effrénées en scooters, ses voitures chics d’expats travaillant pour des ONG, ses déchets amassés dans des paniers qui débordent contrebalançant le charme bourgeois de certaines allées aux arbres soignés. Pauvreté et richesse sont mêlées, et non compartimentées.

 

// Renaissance culturelle

La cité khmer n’est pas qu’une escale vers les fameux temples d’Angkor, outre son architecture, elle possède une vie culturelle très contemporaine avec ses clubs, galeries, cafés, sa scène musicale, ses artistes émergents et une large communauté d’expats friands de chic, de beau et de bon.

Des lieux en vogue:

-       Meta House, vaste galerie d’art, projection de films sur le toit et restaurant blanc immaculé, mettant en avant les artistes cambodgiens actuels.

www.meta-house.com

-       Bophana, centre audio-visuel mis sur pied par le réalisateur cambodgien Rithy Phan, a pour vocation de collecter les images et les récits sonores de la mémoire du pays. Projections de films cambodgiens.

www.bophana.org

 

// En dehors de Phnom Penh

On peut s’échapper de la capitale et se rendre dans le petit temple de Tonlé Bati, caresser les précieux tissus de l’île de Koh Dach – l’île de la soie – ou arpenter la colline donnant sur le temple d’Oudong, ancienne capitale oubliée.

 

 

 

// Informations pratiques

Avant d’arriver au Cambodge :faire quelques recherches sur la géographie très variée du pays ainsi que sur la culture locale. Apprendre à saluer en joignant ses mains au niveau de la poitrine, en s’inclinant vers l’avant, comme en Thaïlande.

Passeport et Visa : pour obtenir le visa cambodgien à l’arrivée, il faut deux photos d’identité et 20 dollars. Le visa touristique a une durée d’un mois. On l’obtient aux postes de frontières terrestres ainsi qu’aux aéroports de Phnom Penh et de Siem Rep. Aux postes de frontières terrestres, les douaniers vous soutireront quelques dollars de bakchich. On peut également obtenir son visa en ligne pour 25 dollars, le e-visa s’obtient en moins de trois jours ouvrables (www.mfaic.gov.kh). On peut étendre son visa à une reprise, via la plupart des guesthouses et agents de voyage locaux.

Monnaie : le système monétaire cambodgien est étrange et unique… Le riel est la monnaie nationale, bien que l’on paie presque tout en dollars ! Hôtels, bus, restaurants, billets d’entrée,… Les riels servent aux petits achats, aux indispensables et rafraîchissantes noix de coco, ou aux courses alimentaires. Les distributeurs automatiques délivrent des dollars. On jongle donc constamment entre deux monnaies. Et ce n’est pas si compliqué.

Les phrases à apprendre

Bonjour : Soos’dai  EDIT: on dit plutôt « choum riep sour »

Merci : Oar Kun

Très bon : Lor Na

Au revoir : Chum reab lea

Si vous ne comprenez pas ce qu’on vous dit, dites « Khmer tik tik », les locaux vont rire et vous envoyer un enfant de cinq ans parlant parfaitement anglais.

Des plats à tester absolument : le célèbre Amok de poisson ! Et pour les frimeurs, des tarentules géantes frites servies avec du citron.

Des activités atypiques : assister à un spectacle de théâtre traditionnel. S’installer dans un stade et découvrir le kickboxing Khmer.

 

 

 

 

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Mercredi, juin 20th, 2012
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6 Comments to “An 2556, arrêt forcé à Phnom Penh”

@ Celine: si j’ai réussi à te donner envie d’aller au Cambodge, c’est parfait :)
Jouer avec les différentes monnaies est étrange au départ, mais on prend très vite le rythme et la conversion se fait facilement.
Ta question concernant les rapports entres Cambodgiens et touristes français m’a surprise: tout se passe très bien et c’est assez déconcertant de rencontrer des vieux messieurs élégants parlant encore français… N’aie pas de crainte à ce sujet :)

@ Catherine: c’est vraiment un plaisir de passer d’une culture à l’autre et l’Asie du Sud-est est tellement variée, ça en est même surréaliste.

NowMadNow

juin 30th, 2012

Hello !

Je viens de découvrir ton blog et il me donne envie de visiter le Cambodge.

Merci pour les infos pratiques concernant le Visa ou les deux monnaies utilisées.
Je trouve cela étonnant de ne pouvoir payer que certains achats dans une monnaie qui n’est pas l’officielle.

Est ce que les relations entre les cambodgiens et les touristes français se passent bien, malgré l’histoire du pays ?

A bientôt. :)

juin 29th, 2012

Liane,tes textes donnent vraiment envie de visiter ce pays.

juin 26th, 2012
catherine gernay

@ Chris: ouw, aide-moi à corriger ça alors! J’avais pourtant demandé à des Cambodgiens… « Lor Na », ça ne se dit pas? J’ai dû dire ça tous les jours… Et en effet, mon accent Khmer était somptueux, plein d’assurance!

@ Bruno: Kratie, ça m’a bien plu également, dans un tout autre genre!
100 baths pour vous? Les douaniers ne se sont pas gênés! Non, moi ils ne m’ont pris que deux ou trois dollars en passant la frontière terrestre à partir du Laos. Ce qui est presque drôle, ce sont les « explications rationnelles et légales » pour te soutirer de l’argent en plus…

NowMadNow

juin 24th, 2012

Hahaha, je t’imagine trop parler Khmer ! Bon, « Soos’dai » comme tu dis, ça ne veut pas vraiment dire bonjour, on dit plutôt « choum riep sour » et je n’ai jamais entendu personne dire « Lor na » mais ça doit être ton accent pouri de grande asperge blanche :p.

juin 22nd, 2012

Le titre m’a fait tombé dans un piège savamment préparé et j’ai du te lire une fois de plus. Maudit flux RSS. Je n’ai pas aimé Phnom Penh, question de goût :) Va donc à Kratie !
Utile en khmer pour déclencher des fou-rire il y a aussi le « ça va » (soksobay) en verlan, mais je ne saurais pas l’écrire !

PS : backchich de 100 baths payé à la frontière pour nous

juin 20th, 2012
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