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Dans un parc à touristes… et ce n’est pas si désagréable de renier ses principes


Tous les touristes que je rencontre me vantent les îles des Yasawas, à l’ouest de l’île principale. Les plages sont sublimes, les fêtes inoubliables, et les lagons propices à de nombreuses plongées… En plus, il y a des films mythiques qui y ont été tournés. Le Lagon bleu avec une Brooke Shield à moitié nue, une énième suite avec une Mila Jovovich pas plus habillée et… Seul au monde, avec un Tom Hanks, mâle nettement plus pudique.

Bref, c’est l’endroit des cartes postales. L’image-type des Fidji que tous les tours operators vendent. Ce n’était pas le but de cette escale ici, mais il faut que je juge en y allant.

Mais je ne veux pas aller dans les hôtels all inclusive ni prendre les bateaux pour touristes hors de prix, qui déplacent les vacanciers tous les deux jours d’une île à l’autre.

Quand je me rends compte que ce genre de partis-pris pieux sera difficile à respecter aux Fidji, je rencontre sur ma route une femme qui va me permettre de faire le voyage que je désirais réellement. Grâce à son aide, me voilà embarquée sur un petit bateau crachotant du gasoil et rempli à raz-bord de nouilles instantanées. Mon poids en nouilles industrielles, une jeune femme et son bébé et un vieillard qui aime me montrer les îles en posant une main sur ma cuisse. Direction l’île de Kuata, où je dois loger au sein du village.

Le bateau s’arrête au milieu de l’océan. Le petit moteur semble mort. Le pilote, fier et unique membre de l’équipage, saute à l’eau, machette entre les dents. Des algues bloquent les hélices. Le vieillard l’aide à tirer sur les végétaux tenaces, puis le capitaine, dégoulinant reprend son poste.

On arrive près des îles Wayas, trilogie d’îles aux roches volcaniques magnifiques et vertigineuses. Je ne suis pas tombée sur une simple île de sable blanc et de cocotiers, je suis dans un décor brut et déroutant. Une des montagnes a une forme de tête, avec des cavités remplies d’arbres dessinant les yeux et la bouche. Ovale et débonnaire, la tête de pierre est un bon présage.

Finalement, débarquée sur l’île, mon sac en équilibre incertain sur ma caboche et de l’eau jusqu’à la taille, il n’est pas prévu que je loge dans le village, mais dans le resort all inclusive.

Je me découvre donc, petit parasite chanceux, dans un dortoir où tout le monde a payé trois à quatre fois le prix que j’ai payé en réservant mon gîte dans le village, et un bateau cinq fois plus cher que le petit canot local que j’ai emprunté. Resquilleur dans le jardin d’Eden.

Après m’être débarassée de toute tentative d’itinéraire pour ce tour du monde, je me débarrasse de mes aversions. Un parc à touristes, ça peut être tenable et … même agréable.

Oui, on est lobotomisé et traîné du petit-déjeûner, à la plage, au buffet de midi, à la sieste sur le hamac, encore un peu poussé à l’arrière-train pour avaler un goûter et amorphes on assistera à des danses que l’on aura l’amabilité de considérer comme des incursions typiques dans la culture mélanésienne. Bon, comme si les G.O du Club Med donnaient un aperçu de la culture de cette chère nation qu’est la France. Mais, là-bas, on peut le croire.

J’ai nagé, vu des poissons multicolores, arpenté une montagne au faciès sympathique, rencontré des voyageurs vraiment sympas et réactivé mon hémisphère droit en parlant allemand sur une île colonisée par la jeunesse germanique et suédoise.

A Kuata, je ne me pose plus la question d’apprendre ou non quelque chose sur la culture fidjienne. Je ne serai certainement pas plus sage ou plus sensibilisée aux moeurs mélanésiennes. Mais je passe une très bonne semaine, loin de mes aversions et grands principes de voyage.

Posted on
Samedi, avril 23rd, 2011
Filed under:
Fidji.
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10 Comments to “Dans un parc à touristes… et ce n’est pas si désagréable de renier ses principes”

Comme tu le dis si bien, parfois il faut mettre ses convictions de côté et savoir profiter des beautés qu’offrent certains endroits hautement touristiques. En alternant ce type d’étape avec des destinations plus authentiques, le voyage en devient plus varié et pas forcément moins bon… Un peu comme Koh Phi Phi en Thailande et la magnifique plage du film « La plage ». C’est très touristique mais c’est vraiment un endroit à voir tellement c’est impressionnant !

mai 27th, 2011

@ Martine: je ne pouvais en effet pas rester un mois au Fidji et ne pas jeter un oeil aux îles qui font sa renommée… mais j’essayais surtout d’apprendre un peu plus sur la culture fidjienne. Mais c’était agréable et relaxant!

@ Pierre: se vanter de ne pas aller au Machu Picchu? C’est un comble :)

@ Fabrice: ah Brooke Shield a marqué ton adolescence? ;)

@ Piotr: mais je suis tout à fait d’accord avec toi, Seul au Monde est un très bon film :)

@ Sandro: plus de règle, d’itinéraire, c’est bien sympa ce voyage :)

@ Nicolas: tu as raison. Je crois qu’en arrivant aux Fidjis, je voulais me rendre la vie un peu difficile, mais cela m’a aussi permis de faire de belles rencontres.

@ Oreille: je crois que dans ce cas-ci je suis réellement entrée dans ma zone de confort, ce séjour sur l’île de Kuata étant sans doute un moment de pure farniente :) Mais j’étais un peu contre les hôtels all inclusive. Bon… une semaine, c’est bien!

@ Catherine: l’île de Kuata est très belle, j’ai eu de la chance de tomber sur une île aussi calme et belle. Bisous!

NowMadNow

avril 27th, 2011

J’ai comme principe en voyage d’essayer de tout voir, le bon comme le moins bon, le touristique comme le  »hors sentiers battus », la ville comme la campagne. Pierre a raison, plusieurs endroits dits touristiques méritent vraiment le détour! Pourquoi s’en priver?

avril 26th, 2011

J’aime bien évité les lieux touristiques quand je peux mais il y a quand même quelques lieux touristiques de par le monde qui méritent d’être vu sans préjugé.
Je me souviens avoir vu des gens qui sont passé par le Pérou se vanter de ne pas avoir vu le Machu Picchu (vraiment dommage tellement le lieu est indescriptible) par principe. Comme le souligne Fabrice, la souplesse d’esprit est sûrement le plus important des principes en voyage.

avril 25th, 2011

ha oui, le lagon bleue, je me rappelle bien les images:-)
Sinon, tu as raison, il faut être souple en voyage! Et pas qu’en voyage!

avril 24th, 2011

Ton voyages, tes choix, tes règles, tes souvenirs… le reste…

Seul au monde, avec un Tom Hanks
j’ai aimé moi ;) Nah !

avril 24th, 2011

Mais non tu ne renies pas tes principes (comme dit le titre), tu les élargis !
Le voyage n’a aucune règles.

Profites !

avril 24th, 2011

Je ne pense pas qu’il faille vouloir à tout prix se rendre la vie difficile, suivre un précepte, une façon de voir les choses oui, mais apprécier ce qui vient à ta rencontre aussi, de toute façon il n’y aura pas du confort et du plaisir partout, autant en profiter tant que c’est possible…!

avril 23rd, 2011

Après tout, voyager, c’est aussi sortir de ses zones de confort, et aller vers ce qu’on ne connait pas !

avril 23rd, 2011

Liane, je crois qu’il est illusoire de penser être plus proche d’une autre culture en vivant à la dure. Les autochtones travaillent ausi dans les clubs à touristes.
Vu d’ici, ça a l’air du Paradis .
tendresses.
cat

avril 23rd, 2011
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