Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

*

Mandalay en scooter: découvrir la Birmanie lentement

 

Découvrir Mandalay, dernière capitale royale de la Birmanie, sur l’arrière d’un vieux scooter. Et prolonger l’escale. Evidemment. 

 

Mandalay sur un scooter

 

Je fais faux bond aux autres occupants de l’hôtel et laisse tomber, sans le moindre scrupule, nos semblants d’itinéraires et projets de visite classiques de Mandalay.

Mon guide, Mon, cherchait un cobaye: une touriste professionnelle fera parfaitement l’affaire me dit-il.

Demain, c’est un test, un avant-goût de road-trip, une répétition avant qu’il ne se lance vraiment dans le business du tourisme. D’un autre tourisme. Demain, je ne paie que l’essence. Et après-demain, Mon sera à son compte, sans patron, alors il faut être sûr qu’il est bien rôdé pour son nouveau rythme de vie.

On doit passer un marché me dit-il, mais je dois rester longtemps, plus longtemps que les touristes habituels qui ne restent pas plus de trois jours à Mandalay. Mon veut du temps, il a trop de choses à me montrer.

 

Reste une semaine. Tu ne paies rien, sauf l’essence. Dis-moi ce qui va dans mon itinéraire, ce qui est intéressant, ce qui ne l’est pas. Je ne comprends pas toujours les Blancs. Tu pourras peut-être traduire leurs attentes et m’aider à monter un business alternatif.

Alors, on a un deal ?

 

C’est ainsi, à cause d’un chai volé à sa femme, que je me trouve embarquée dans un voyage à moto à travers les campagnes de Mandalay, éberluée par cette étrange proposition, et bien décidée à aider cet entrepreneur créatif !

Mais je ne respecte pas le deal. Son projet était si abouti que je n’avais qu’à papillonner des yeux et acquiescer devant toutes ses propositions. Ne pas le payer était donc exclu.

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie 

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

 

 

Eco-tourisme à Mandalay: les campagnes de Mandalay

 

S’il fallait faire une comparaison, je dirais que Mandalay me rappelle les sensations que j’avais dans une ville comme Battambang, au Cambodge: plus que la ville elle-même, c’est l’étendue et la diversité de ses campagnes qui sont fascinantes. Temples, artisanat, escales dans des petits villages, je ne regrette pas une seconde d’avoir prolongé mon séjour à Mandalay!

Je passe six jours à l’arrière du scooter de Mon. Six jours à Mandalay, au lieu des trois prévus initialement. Dix heures par jour, mon guide me montre sa région, les paysages intacts où ses parents travaillent encore la terre, et les rizières où il emmène ses enfants quand il a un jour de repos. Accompagnée, introduite, j’entre dans des maisons de bambous construites à flanc de rivière: une ficelle sert de serrure, un sac de riz évidé devient un rideau adapté à la fournaise birmane.

Bien sûr, Mon n’oublie pas les temples et les hauts lieux touristiques. On retourne dans mes endroits préférés, on mange sur des tables en plastique que je n’aurais jamais trouvées par moi-même, je fouine dans les cuisines pour identifier les épices du bouillon. On s’arrête au milieu de nulle part dans le seul but d’être oisif et d’avoir les rétines éveillées.

Chauffeur, guide, businessman futé et passionné par sa région, ce petit bonhomme va proposer un tourisme alternatif en Birmanie !

 

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

 

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

 

 

Mandalay, itinéraire alternatif

 

Petit-déjeûner au marché Mann Thida: riz et poisson séché à tremper de la main droite dans une sauce épicée. On embarque des dosas indiens dans du papier journal et on prend la route.

La tournée des marchands de journaux: les jeunes, les vieux, les Indiens, les révolutionnaires encore intimidés, Mon m’emmène de manière informelle chez le gang des colporteurs de mauvaises nouvelles. Tu vois, encore un scandale de corruption à Yangon ! Je range mon appareil photo, et me concentre sur ces tranches de vie qui se racontent passionnément autour de nous.

Après 50 ans de mainmise militaire, les Birmans redécouvrent une presse enfin moins verrouillée. Les rédactions avaient en effet l’obligation de soumettre tout article à un bureau de contrôle, qui en autorisait ou non la publication. Dissous en 2013, ce bureau ne laissait rien passer… ou presque. On me parle des tactiques des journalistes pour faire glisser des informations « litigieuses » à travers les mailles du filet : la rubrique des potins était un terrain privilégié pour faire passer quelques informations aux lecteurs les plus attentifs !

Le culte du serpent: une après-midi dans la Snake Pagoda – Hmwe Pagoda –, située dans la ville de Paleik. Surréalisme birman et rencontre éberluée avec un python nourri tendrement de jaune d’œuf et de lait par les moines de la pagode. Je parviens à quitter des yeux cet immense serpent pour observer les bouches ouvertes des jeunes moines, venus en pèlerinage dans ce temple sacré. Novices terriblement impressionnés par le rituel, leurs visages sont partagés entre appréhension et fascination.

Le python est ensuite lavé dans un bain de pétales de fleurs ! Après avoir suivi la balade sinueuse du python sur le sol immaculé du temple, je passe le reste de la journée à déambuler dans le village voisin. Dissimulées derrière des portes de bambou, des femmes me font des signes timides mais insistants: je suis ainsi invitée d’une maison à l’autre pour boire le thé et partager de grands sourires avec des familles d’agriculteurs bouleversants d’hospitalité. Une jeune femme insiste pour me coiffer les cheveux et y laisser des petites fleurs blanches.

1729 marches pour découvrir un Bouddha impérial: niché entre monastères et stupas dorées, escalader la Mandalay Hill permet de découvrir un point de vue panoramique sur les environs et surtout de se sentir minuscules aux pieds du Bouddha le plus impressionnant et expressif que j’ai pu voir en Birmanie, pointant son doigt sur la ville de Mandalay.

Cache-cache entre les pagodes: on passe devant des dizaines de cabanons en bois et en bambou, des chiens rachitiques trottinent derrière des ballots d’herbes sèches et ne prêtent pas attention à notre scooter qui lutte pour tenir la distance sur la piste jaunâtre. Les vitesses du scooter sont bloquées, Mon s’excuse mille fois. Moi j’aime bien qu’on aille lentement.

Chaque virage, chaque montée est une épreuve pour le moteur, j’ai de l’admiration pour cette mécanique rafistolée qui refuse de céder. Mais on ne va pas s’arrêter maintenant. Disséminés sur les collines, des édifices blanc et or se cachent derrière la végétation. Des marches irrégulières rendent notre pas lent et nos joues écarlates. C’est ce qui se faufile entre les pierres qui attire toute mon attention. Vaches à la peau couverte de boue séchée, petits visages furtifs qui observent plus qu’ils ne veulent être observés, des tissus rouges qui volent d’un côté à l’autre, entrent et sortent des bâtisses blanches. De jeunes moines bouddhistes s’approchent de moi et veulent me montrer les statues les plus précieuses, couvertes de feuilles d’or, les Bouddhas bienveillants qui veillent sur la vallée, sur les cailloux, sur les vaches, sur les traditions birmanes.

Mon guide a l’instinct de me laisser seule avec eux. Bien sûr, on ne partage aucun vocabulaire commun, mais qu’importe. On s’assied sur des sacs de riz et on partage une théière de thé noir amer. Le langage des signes reprend de plus belle et les heures passent doucement.

Escales rapides dans les anciennes capitales de la Birmanie, disséminées dans les campagnes de Mandalay: chaque roi a voulu créer sa capitale et cette inflation rocambolesque de capitales successives, aussitôt créées, aussitôt supplantées par une autre. Il s’agit sans doute d’étapes obligatoires, dont j’ai surtout retenu les arrêts impromptus dans des villages avoisinants. Les passionnés d’archéologie se concentreront plus que moi sur les vieilles pierres et y trouveront la poésie que je cherchais dans les rencontres aléatoires avec les passants.

Trois nuits sur le pont U Bein, le plus long pont en tek du monde, et image emblématique qui apparaît sur tous les guides traitant de la Birmanie, ce pont est une fourmilière de visages et de métiers. On termine nos journées sur le sable, une noix de coco fraiche dans les mains. Habitués à nous revoir au fil des jours, des pêcheurs viennent jouer aux dès avec nous et me battent avec une malice hilarante. Dès que le soleil se couche, les touristes désertent le pont, et on n’entend que les batailles de volatiles.

 

Et vous, qu’avez-vous vu, aimé, découvert à Mandalay?

 

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

 

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

 

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

 

 

Mandalay scooter taxi villages éco-tourisme moines bouddhistes plan Birmanie

 

 

 

Mots-clés: itinéraire Mandalay, voyager à Mandalay, guide Mandalay, chauffeur Mandalay, voyager seul en Birmanie, comment visiter Mandalay, que voir à Mandalay, Mandalay Birmanie, séjour à Mandalay Birmanie, séjour en Birmanie Mandalay, éco-tourisme Birmanie, loger à Mandalay, tourisme alternatif Birmanie, artisanat Mandalay, pagodes Mandalay, que voir à Mandalay Birmanie, photos Mandalay, transport Yangon Mandalay, idées pour découvrir Mandalay, voyager en Birmanie, où manger à Mandalay, coup de coeur Birmanie, tourisme Mandalay, Mandalay visite alternative

 

 

Written by | NowMadNow

Ce long voyage était prévu, fantasmé, mais pas comme ça! J'ai abandonné mon itinéraire pour créer un tour du monde aléatoire, ouvert aux rencontres et aux opportunités qui émergent toujours en chemin. Envoyez-moi un petit mot, on ira boire une jerricane de thé... quelque part.

Google+

13 Comments

  1. Joana@VeniVidiVoyage

    10 novembre 2013 at 22 h 46 min

    J’ai eu des petits frissons en lisant ton article, quelle chance tu as ! Super rencontre, et évidemment je souhaite plein de réussite a ‘ce petit bonhomme’. J’aurais bien aimé voir une photo de lui ! C’est incroyable comme ce genre de rencontres fait chaud au coeur… Quelles soient réellement ou virtuellement vécues, l’effet est la. Et puis en plus, si cela te permet de passer 6 jours de folie a arpenter une région presque comme une locale – comme une ‘invitée’ (encore mieux !) – alors c’est vraiment, vraiment chouette !

  2. Letieou

    11 novembre 2013 at 22 h 04 min

    Je ne sais pas comment tu fais pour écrire comme ça, à rebours… Mais c’est toujours un bon moment ! Même si bon, les listes, ça tue quand même un peu l’atmosphère du récit.

  3. Jo

    11 novembre 2013 at 22 h 46 min

    Tes photos sont magnifiques!! Quelle rencontre!

    Jo

  4. Fanny

    11 novembre 2013 at 22 h 47 min

    La chance ne sourit qu’aux … audacieuses!

  5. nani

    15 novembre 2013 at 14 h 23 min

    Oui de très belles photos ! qui me transportent presque 20 ans en arrière, alors que je visitai Mandalay, en 96 je crois, l’année ou la Birmanie s’est ouverte au tourisme. J’ai gardé des impressions semblables à celles que tu décris…

  6. NowMadNow

    17 novembre 2013 at 7 h 33 min

    @ Nani: merci beaucoup d’être passé par ici! En 20 ans, les transformations vécues par les Birmans doivent donner le tournis.
    Tu comptes retourner en Birmanie?

    @ Fanny: ohoh 🙂 Niveau audace, on peut toujours mieux faire!

    @ Jo: merci beaucoup!

    @ Letieou: oui tu as raison sur la forme, les listes j’essaient souvent de m’en passer, et en effet ça ne facilite pas la lecture.
    Ecrire à rebours? Non, pas vraiment: l’article était écrit à 85 % quand j’ai quitté Mandalay. Mais par la suite, c’est vrai j’aime prendre le temps de relire, de me documenter sur le contexte social et historique, histoire d’éviter des contre-sens ou grosses maladresses.
    Parfois, je ne me base que sur des notes plus lapidaires, mais j’ai heureusement toujours des carnets remplis et le souvenir des petits détails.

    @ Joanna: ça me touche beaucoup! Oui c’était une très belle rencontre, avoir croisé son chemin m’a permis de complètement me reposer sur sa connaissance intime de la ville. Je ne voulais plus quitter Mandalay!
    A bientôt miss!

    NowMadNow

  7. Juliette

    2 janvier 2014 at 15 h 37 min

    Moi qui commence à planifier un voyage seule en Birmanie un tel article ne peut que me donner plus envie encore ! As-tu gardé contact avec ce guide passionné ? Je serai ravie de tomber sur un tel guide !

  8. Enza@Blog du Vietnam

    8 janvier 2014 at 9 h 03 min

    Quelle charmante ville !!! La culture, la vie quotidienne et sans oublier les paysages si paisibles de l’ancienne capitale … tous aussi intéressants à découvrir … Merci pour ce partage …

  9. Taverna

    2 mars 2016 at 5 h 02 min

    Bonjour, C est avec beaucoup d interet que nous avons visite votre blog qui est absolument magnifique. Nous sommes actuellement a mandalAy et souhaiterions prendre contacte avec mon. Avez vous encore des contactes avec lui ?
    Encore merci et felicitations

  10. Cruciata Olivier

    16 mars 2016 at 8 h 42 min

    Super article et quelle chance d’avoir pu découvrir le Myanmar de cette façon !

    est-ce que tu pourrais me donner des conseils ou autres car j’y vais avec 3 amis en mai? merci

  11. Pingback: 10 incontournables à Mandalay et dans ses environs – Maman Voyage

  12. Voyage Birmanie

    13 juillet 2016 at 4 h 42 min

    Un article qui donne envie de partir en birmanie totu de suite
    superbes photos

  13. Lydia

    16 octobre 2016 at 11 h 55 min

    Bonjour, nous partons avec une amie au myanmar fin decembre debut janvier. ON DECOUVRE TON BLOG ET ON AIMERAIT TE POSER QUELQUES QUESTIONS; on aime bien les voyages hors des circuits touristiques et ton recit sur mandalay avec mon nous a bien plU.
    MERCI POUR TA REPONSE
    lYDIA ET AURELIE