
Mon défi était de parler sept langues avant la fin de l’année.
Le gong fatidique a sonné.
Allemand, anglais, espagnol, indonésien, italien, néerlandais et français: petit tour d’horizon d’un apprentissage en immersion!
* L’allemand : le retour à Berlin a été bénéfique sur tous les points !
Si découvrir une langue étrangère c’est s’approprier un peu de sa culture, perdre une langue familière c’est malheureusement avoir l’impression de perdre une part de son identité.
C’est ce que je ressentais par rapport à l’allemand, en craignant qu’il ne me file entre les doigts. Irrémédiablement.
J’avais peur d’avoir beaucoup perdu en ne pratiquant plus cette langue au quotidien. Malgré mes trois ans sur place durant mon adolescence, l’allemand, qui est une de mes langues de référence, commençait à me devenir étranger.
Au final, je suis un peu rouillée, mais tout se remet en ordre au fil des mois grâce à une longue et bénéfique escale à Berlin cet été, à l’écoute de beaucoup de dialogues sur mon iPod et à une replongée dans des petits bouquins ludiques.
// A faire : retourner encore et toujours à Berlin, songer constamment à m’y réinstaller mais aussi faire un peu de volontariat…. à Hambourg ou à Lübeck (dans le grand nord allemand, près de la mer Baltique !).
* L’anglais : LA langue du voyage !
Elle fait donc partie de mon quotidien depuis 25 mois et je lis presqu’exclusivement dans cette langue (actualités, blogs, romans policiers glanés sur la route).
// A faire : gagner en vocabulaire plus spécialisé. S’entourer d’anglophones de souche pour ne pas prendre par contagion l’accent étrange des voyageurs!
* L’espagnol : les cinq mois d’immersion en Amérique latine, entre la Bolivie et le Pérou, ont été décisifs !
J’avais des connaissances scolaires en espagnol : deux années de lycée laissent des traces et elles se sont heureusement vite réveillées sur le continent latino-américain.
Les cours intensifs suivis dès mon arrivée en Bolivie ont été utiles, mais le vrai déclic a été le mois de volontariat dans la forêt amazonienne, puis une autre expérience de bénévolat dans le nord du Pérou.
// A faire : retourner dans un pays hispanophone ! Et recommencer à suivre les actualités en espagnol.

* L’indonésien : le vrai challenge de cette liste !
Je suis tombée sous le charme de l’Indonésie, de cette superposition de cultures, de sa gastronomie, de ma famille indonésienne, et très naturellement de sa langue.
Il s’agissait d’abord pour moi d’apprendre à nommer les éléments basiques de la vie quotidienne, puis avec mes amis balinais, j’ai voulu bricoler des phrases simples tous les jours. Quand je me retrouvée devant des livres de grammaire indonésienne, ça a été le déclic: je voulais réellement m’investir pour apprendre cette langue.
Le fait d’avoir vécu là-bas dans un petit appart’ et d’y avoir noué des relations très fortes m’a donné le virus indonésien : j’y retournerais tous les ans.
Je pense qu’un nouveau voyage très longue durée s’impose, pour l’aspect culturel – passer de Sumatra, à Java, puis aller se perdre à Bornéo, aux Célèbes et enfin en Papouasie indonésienne… – mais surtout pour passer un vrai cap en terme d’apprentissage du Bahasa !
// A faire : continuer à écouter des podcasts gratuits en Bahasa et reprendre l’apprentissage du vocabulaire grâce à des fiches mémo à transporter partout. Le défi piquant est évidemment d’écrire à mes comparses indonésiens en mêlant anglais… et indonésien.
* L’italien : le coup de foudre tardif mais sincère !
J’avais quelques a priori ridicules sur la langue italienne, vite revus et corrigés dès mon arrivée en Italie.
Entre escales dans ses villes mythiques et expérience passionnante de volontariat dans la campagne toscane, mon niveau d’italien est vite passé de parfaite muette à débutante bavarde. L’immersion, à nouveau, rien de mieux pour moi.
En parallèle, je me force à étudier la grammaire via des méthodes d’auto-apprentissage basées sur des dialogues de la vie quotidienne. Eh oui, ces petits livres anodins et bon marché, cela peut être de vrais outils d’apprentissage.
// A faire : dans les transports, couper la musique et mettre un peu d’italien dans mes oreilles. Rafler les romans italiens qui traînent dans les dortoirs.
* Le néerlandais : le petit dernier !
L’allemand m’aide beaucoup au niveau de la compréhension du néerlandais et l’assimilation de la grammaire est également facilitée.
L’attrait culturel pour la Flandre commence à faire le reste, je progresse et ai enfin passé un petit blocage par rapport au néerlandais.
// A faire :
Je prévois de découvrir en profondeur la Flandre et les Pays-Bas en sollicitant le réseau de couchsurfing: rencontrer le plus de néerlandophones possible sera décisif pour la suite de mon apprentissage!
L’enjeu sera aussi de multiplier les expériences de volontariat entre la Flandre et les Pays-Bas: travailler ne serait-ce que quelques semaines dans un contexte néerlandophone aura un impact sur ma façon de communiquer et donnera plus de relief au vocabulaire que je me contente pour l’instant de répéter.
(si vous connaissez un chocolatier anversois qui recherche une petite apprentie dévouée et nomade….)

* Le français, langue malmenée
Français teinté d’expressions québecoises – voyager avec un électron libre canadien est passionnant… c’est chrissement bon, c’est écoeurant, je capote – Français réveillé par de drôles de belgicismes qui entrent en riant, et peut-être pire: Français mordillé de structures anglaises qui semblent si naturelles… Je dois soigner ma langue maternelle (ou me résoudre à vraiment faire rire ma famille).
** Oui, parfois, je mélange tout.
Je veux parler espagnol avec un camarade de dortoir et entonne des phrases en italien bancal… Voudrais parler en néerlandais à une Hollandaise qui a le mal du pays et me borne à des élans chaleureux… en allemand. Et pire, parle désormais français avec des expressions anglaises qui semblent couler de source.
Quand on me demande d’où je viens, je suis toujours embêtée. ‘Where do you come from?’. Franchement, je donne rarement la même réponse. Ca dépend.
Mais ce défi linguistique, c’est l’un des points forts de mon voyage. Je m’embrouille, je bafouille, mais je communique avec un vrai plaisir dans plusieurs langues et ai passé le stade paralysant du perfectionnisme idiot : si j’attendais d’avoir un vocabulaire parfait pour parler, j’attendrais longtemps.
*** Une aide pratique pour les non-bordéliques
Une méthode, une organisation, une immersion pensée par des professionnels? Dans l’absolu, cela doit être mieux que ma spontanéité chronique qui marque mon apprentissage des langues.
Pour ceux qui souhaitent apprendre rapidement et efficacement une langue étrangère, il peut être utile de se pencher sur les offres de quelques professionnels. Je vous citerai donc les offres de Kaplan International pour un séjour linguistique en immersion. N’hésitez pas à partager vos expériences en la matière, méthodes fétiches ou difficultés!



@ Lucie: le défi n’est pas atteint à 100% mais j’ai vraiment eu un déclic pour les langues grâce à ce voyage. Tous les jours, j’essaie de manier au moins deux langues étrangères (l’anglais ne compte pas), que ce soit par la lecture, l’écoute d’une émission, une conversation… Je commence à avoir réellement besoin de mettre tous ces sons dans mes oreilles, ça c’est une bonne chose car cela va me pousser à continuer mon apprentissage.
Ma famille se moque toujours de moi quand je place un mot anglais dans la conversation. Le pire, c’est sans doute mon air dépité… « euh, comment on dit blueberry en français? »…
Comment se passe ton apprentissage de l’italien? Tu parles aussi allemand non?
@ Manu: c’est le voyage qui a permis le déclic, avant tout ça ce n’était qu’un rêve de gosse!
@ lartenlamatiere: je crois que c’est juste, il faudrait commencer par l’apprentissage des verbes et des conjugaisons, pourtant spontanément j’ai très vite envie d’apprendre des mots, des adjectifs, pour qualifier des choses très concrètes. Les verbes viennent après quand je commence à réellement étudier la langue, de manière un peu plus scolaire.
@ Adil: vraiment? Tu as réussi à rester hermétique à l’accent québécois? Ainsi qu’aux expressions?
Une de mes meilleures amies est un ouragan québecois: à chaque fois que je fais un bout de chemin avec elle, je reprends ses expressions et sa diction!
@ Marine: excuse-moi de ne pas avoir répondu plus tôt à ton adorable message!
Merci beaucoup pour tes encouragements! C’est l’immersion qui me permet de faire de réels progrès. Cela a aussi changé ma façon de concevoir l’apprentissage d’une langue: écouter des podcasts ou des dialogues, lire des magazines ou des bandes dessinées, suivre des séries, tout ça permet aussi chez soi de s’immerger dans la langue.
Comme tu le disais, les chansons sont aussi des outils très intéressants. Bon, je ne suis pas encore au stade où j’écoute Eros Ramazotti en faisant mon jogging, mais ce serait sans doute utile!
NowMadNow
Bravo, tu t’es tenu a ton défi! C’est normal de mélanger, je pense que tu ne pourras pas te débarasser de ce probleme. De meme que parler un francais bancal. C’est souvent que mes parents me regardent avec des yeux de merlans frits, car ils ne comprennent pas ce que je dis. Et je n’ai que deux langues par devers moi…
7 langues, c’est juste épatant ! Bravo, respect !
7 langues ? Sacré performance
Ce qu’il faut faire pour apprendre une langue a mon avis, commencer par les mots essentiels Qui forment une phrase c’est-à-dire les verbes, si on maitrise le verbe, ses conjugaisons , ses temps ………etc. , on maitrise la phrase, résultat on est bien partis pour avoir de solides bases dans n’importe quel langue
[...] la vitesse, des heures en cuisine, beaucoup de dessins violemment froissés, de l’italien et de l’allemand dans les oreilles, une très jolie [...]
[...] de grandes écoles de langues réparties dans le monde entier où vous aurez l’opportunité d’y apprendre l’anglais pour pouvoir parler couramment comme un citoyen du pays de destination. Vous aurez le temps, entre [...]
[...] pour un séjour linguistique d’un mois tout au plus pour apprendre l’anglais rapidement et pouvoir, au sortir de là la [...]
Garde ça pour toi, mais pour raisons personnelles j’envisage de seulement prendre un allé-simple pour l’Inde si tu vois ce que je veux dire…
En tout cas si je suis toujours à Montréal cet automne on maltraitera la langue de Molière ensemble. Bien que mon accent soit totalement resté complètement intact et que je n’utilise jamais de tabarnak ou autre expression du style, on sent que je ne parle plus complètement un français de France.
Ta dernière phrase me rappelle une citation de Mark Twain : « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », c’est tout à fait ça! En tous cas je trouve ça génial comme initiative, de voir ces progrès ça motive bien pour s’y mettre également. Bon par contre tu nous donne vraiment envie de tout quitter et d’aller partout, et ça, c’est chaud à gérer! Fortunalment, almeno per il momento possiamo un po viaggare per procurazione (hmhm…là je me dis que tu as dû bien te marrer en improvisant des phrases italiennes!) ; longue vie al tuo bloggo! (ps : apprendere delle canzone è anche un buon way per apprendre una lingua, isn’t it?!)
@ Guillaume: je serai ravie quand je pourrai exprimer tout ce qui me passe par la tête que ce soit en indonésien ou en italien! Je baragouine, je comprends, je m’amuse ![]()
Des envies, bien sûr! Je pense à apprendre l’arabe depuis… des années. Cela se dessine. Pour cela, je me vois vivre au Liban ou en Syrie pendant minimum deux mois, loger au sein d’une famille et suivre des cours de langue intensifs.
Mais l’arabe devra attendre… En 2014 peut-être?
Il faut d’abord que je stabilise mes connaissances dans ces 7 langues.
@ Lili: cela m’agaçait de m’embrouiller! Maintenant, je trouve ça très drôle.
Merci pour tes encouragements mam’zelle!
Dans ton planning de ministre, tu continues à avoir des cours particuliers de mandarin?
J’ai trouvé des podcasts allemands gratuits sur le net… téléchargeables sur Itunes. Je ne tombe plus sur le nom de la série, je vais te retrouver ça.
BESOS
@ Leslie: ahah je me suis bien amusée avec le « chat »!
Il est bien étrange et contagieux cet anglais parallèle qui s’infiltre dans les cerveaux des voyageurs… je crois qu’il est difficile d’y échapper complètement!
NowMadNow
Waouh, sacré bilan ! Faut continuer dans cette dynamique, la conclusion: rien de mieux que le voyage en immersion pour apprendre une nouvelle langue? Et après le néerlandais, des idées, des envies?
Goeden Dag! Un « big up » pour meine Liebe NowMadNow!
Hi hi hi: je m’embrouille moi aussi avec délice…
Le jour où j’ai compris que plus on parlait de langues, plus on pouvait rencontrer de gens, je n’ai jamais arrêté d’en apprendre (j’avais 14 ans- et j’en ai oublié pas mal depuis, disons le).
Superbe challenge que de mettre ce défi-ci en ligne.
Je suis de tout coeur avec toi !
Et une question intéressée: as-tu des bons sites de podcasts gratuits à conseiller? (en allemand notamment)
Un beso
1. J’adore la photo du chat
2. « ne pas prendre par contagion l’accent étrange des voyageurs » haha pas mal. C’est bien vrai, on dirait qu’il y a un anglais parallèle qu’on devrait appeler l’anglais de voyage. Un mélange d’un peu toutes les langues et de tous les accents, et jamais rien d’incorrect, du moment qu’on comprend!
@ Fanny: ma p’tite blondinette, ne change pas, c’est moi qui suis fatiguée ![]()
Je t’écris très vite!
Je parlais de notre cher Jean-Claude Van damme..Bon, la blague n’est pas passée, j’essayerais d’être moins subtile la prochaine fois. grmmblbl!
@ Nadège: quand je m’exprimerai avec une aisance folle dans toutes ces langues, ça ce sera incroyable
J’ai toujours voulu parler le plus de langues possibles, ce tour du monde me donne le coup de pouce nécessaire!
Tu vis dans un quartier plutôt hispanophone toi?
@ Fanny: la première fois que j’ai lu ton message, j’ai pouffé de rire en remarquant que je ne comprenais RIEN à ce que tu voulais dire!
J’espère te recroiser très vite miss!
@ Adil: oui je parle d’apprendre l’arabe depuis que j’ai… quinze ans!
Mais ces douze prochains mois, je ne vais me consacrer qu’à ces langues que je décris dans l’article, et cela me prendra déjà tout mon temps!
Pour l’indonésien, cela a été un coup de coeur, et le fait qu’il n’y ait pas un nouvel alphabet à apprendre me facilite les choses bien sûr.
Je suis contente et un peu incrédule face aux résultats que l’on peut obtenir en immersion, mais je suis toujours à la recherche de nouvelles méthodes pour essayer de rester dans « le bain » linguistique.
Cela demande de la rigueur et du temps, parfois dans un bus bondé, je préfère écouter de la pop idiote que de brancher mes dialogues en indonésien…
Tu continues à apprendre le mandarin? J’ai une amie qui a commencé à étudier le coréen à l’université McGill et était très satisfaite de la formule intensive. Toi, tu as l’occasion d’y suivre des formations en langues?
Tu as pensé aussi aux échanges internationaux avec d’autres universités?
La prochaine fois, on parlera dans un mélange de québecois/ anglais / français maltraité!
@ Tiphanya: c’est en effet le fait d’être à l’étranger qui donne tout son sens à l’apprentissage des langues. J’essaierai à mon retour de me mêler à des communautés d’Italiens, d’Hispanophones ou pourquoi pas d’Indonésiens.
Le site couchsurfing permet d’ailleurs de rencontrer des gens de tous les horizons y compris dans son propre pays, je l’utiliserai abondamment pour ne pas perdre mes atouts en langues.
Merci d’être passée par ici miss
NowMadNow
Salut Aline,
7 langues, c’est incroyable ! Moi j’ai déjà du mal avec 3, quand je suis dans un pays anglophone impossible d’aligner trois mois en espagnol alors que c’est quand même ma deuxième langue… Heureusement qu’ici à Miami j’ai la chance d’être au contact de ces deux langues au quotidien et pas besoin d’aller très loin pour pratiquer l’une ou l’autre, il suffit juste de changer de quartier. D’ailleurs dans le bus j’apprends les bases du créole
Bon courage pour la suite de ton apprentissage,
Nadège
Attention, certains « phénomènes », que je ne citerai pas ici, sont la démonstration vivante qu’un anderlechtois-bruxellois trop longtemps immergé dans la langue de Shakespeare aurait une tendance aigüe à faire rire sa famille (et bien au-delà) à cause d’anglicismes (trop) récurrents. A terme, et c’est toujours sur l’étude de ce même « phénomène » que je base mes propos, le rire se transforme en moquerie et, enfin, en pitié. Mon conseil est donc, chère habitante de la même contrée, de ne pas suivre l’exemple de ton (petit) congénère et de prendre, sans plus attendre, des mesures sérieuses pour ne plus malmener ta belle langue maternelle!
Ah wey tu mniaise tu la la?
Haha génial comme bilan. Comptes tu apprendre d’autres langues?
J’ai un ami quebecois qui parle indonesien et qui m’a dit que c’etait une des langues les plus faciles à apprendre, qu’en penses tu?
Autrement, comment fais tu pour les entretenir?
Comptes-tu apprendre d’autre langue? Je m’ettais fixé 7 langues ultimement aussi mais je n’en maitrise que 2 pour le moment.
1- Francais
2- Anglais
3- Mandarin (niveau elementaire mais c’est vraiment diffile)
4- Espagnol (tu me donnes envie de partir vivre 6 mois / 1 an dans un pays hispanophone)
5- Japonais
6- Italien
7- Arabe
Un jour on s’amusera a parler dans 4 langues différentes j’espère
.
Adil.
Joli bilan qui donne envie de partir, juste pour réveiller ces langues apprises et endormies dans un coin de ma mémoire.
Dis moi si je me trompe (plus adepte du couchsurfing que des auberges de jeunesse), mais le voyage est un bon moyen d’entretenir le polyglottisme où que l’on soit. Après tout dès que l’on fréquente les autres voyageurs, on trouve bien de nombreuses nationalités et donc de nombreuses langues maternelles, non ?