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Rome, Bianco e nero


 

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Je n’aurais qu’un seul conseil à donner à ceux qui s’apprêtent à visiter Rome : marcher dans tous les sens !

J’ai fait l’impasse sur les visites historiques, archéologiques, les impératifs inscrits en rouge dans les guides que j’ai survolés… Ce qui m’intéressait c’était de tenter de capter les atmosphères des quartiers, d’épier les Romains, de regarder les ruelles et de résister avec bravoure à l’appel des devantures des échoppes de nourriture… Vaste programme !

Voici les éléments absolument subjectifs que j’ai griffonnés dans mes carnets.

 

// Dans ma boîte à préjugés…

On va à Rome comme on va en Egypte: pour s’émerveiller devant un passé un peu fantasmé, découvert dans des livres, lors des cours de latin ou d’histoire.

J’avais un peu peur de visiter une ville au passé écrasant, qui inhiberait du coup la culture moderne, une ville-musée arrogante de son architecture antique, une ville … figée que l’on découvrirait traîné par le bras par un professeur poussiéreux qui nous bombarderait de dates et de siècles, d’empereurs et de conquêtes.

Comme d’habitude, ces doutes étaient des préjugés.

Rome a cet atout déconcertant: cette ville antique est … animée.

Là où on se perd allègrement avec les fantômes en marbre, on côtoie aussi des Romains attablés autour d’un expresso, en pleine activité, entre deux portes, portant sacs de course et téléphone dernier cri… J’ai adoré les murs, les pierres, les musiciens fauchés, les vendeurs de tomates géantes, la circulation, l’atmosphère d’une ville mille-feuilles.

 

// Des surprises : la cuisine judéo-romaine

Si on avait essayé de me faire apprendre le latin par le biais de la nourriture, je serai bilingue aujourd’hui…

C’est tellement plus amusant de découvrir une ville par des petites choses, j’ai donc appliqué ce même principe à Rome.

Je n’avais jamais entendu de cette fusion culinaire… Cuisine judéo-romaine : mais qu’est-ce que cela peut bien être ?

Cette cucina ebraico-romanesca est apparue au moment de l’Inquisition, lorsque la communauté juive fut peu à peu confinée dans le Ghetto de la ville. N’ayant accès qu’à une palette limitée d’ingrédients, les cuisiniers inventifs ont alors utilisé des fleurs de courgettes, les artichauts ou des endives bon marché, de la chicorée, des galettes de pain azyme, et une utilisation abondante des abats ainsi que des petits poissons tels que l’anchois ou la sardine, surtout en fritures. La pâtisserie kasher est restée très populaire: tresses moelleuses à la ricotta, biscuits amande-coings, des surprenants dés de courge à la cannelle…

Pour découvrir cette gastronomie alla giudea, il faut se rendre dans les alentours de la vieille synagogue et scruter les menus à la recherche de plats qui font partie intégrante de l’histoire romaine.

 

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// Petites icônes urbaines: les fontaines de la ville

Sociologie urbaine des petits détails, les fontaines de Rome sont des pépites visuelles qui captent l’attention.

A Rome, on marche pendant des heures: pour se réhydrater rapidement, rien de mieux que ces fontaines originales qui ponctuent la ville et délivrent une eau glacée. On en dénombre plus de 2000 et on les repère facilement, un peu comme les boîtes postales londoniennes ou les taxis new-yorkais : ces fétiches surnommés nasoni pour leur forme rappelant un nez arqué font partie intégrale de la géographie romaine.

Que les esprits bactéricides se rassurent: l’eau est tout à fait potable.

A Rome ? Dans les fontaines publiques ? C’est pas plus sûr la San Pellegrino ?

(petite conversation volée à des jolies Canadiennes un brin affolées).

 

// Espionnage urbain : suivre la vie des marchés

* Campo dei Fiori : L’ancienne cour des supplices.

Marché coloré niché en plein centre historique, on sourira du paradoxe en apprenant que cette place était le lieu des exécutions publiques dans des temps immémoriaux…

Huiles, vinaigres, épices, mais aussi vendeurs d’expresso corsé aux airs de grand crû, de petites cuillères, de bocaux de légumes marinés, il faut s’y rendre tôt pour en profiter. J’ai longtemps regardé des petites fioles de champignons à la truffe… et me suis rabattue sur des biscotti.

* Circus Maximus : Promenade locavore du week-end

On trouve une variété sans fin de marchés de producteurs à Rome, où fermiers et artisans zélés rivalisent pour dresser des étales toutes plus attirantes les unes que les autres.

Par hasard, en me perdant sans encore me l’avouer, je me suis retrouvée un dimanche au cœur d’un marché alimentaire très intéressant, niché sur la Via San Teodoro.

La démarche des vendeurs est ici affichée clairement : tous les produits sont strictement locaux. Les producteurs doivent adhérer à la charte édictée par Campagna Amica et tous les produits doivent être cultivés dans les limites de la région du Lazio. Marché des locavores, les produits sont donc de saison et très frais.

 

 

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// Une vue sur la ville : au sommet du Gianicolo

 Un voyageur épanoui doit s’astreindre à buller, non ? D’autres diront que la contemplation oisive est le premier pas vers la créativité… J’ai donc été follement créative en me contorsionnant à 360° au sommet de la colline du Gianicolo.

Située du côté du Vatican, à l’ouest du Tibre, la vue sur Rome vaut vraiment le détour. Arrivé au sommet de la colline, on comprend que Rome est nichée dans des paysages montagneux.

Le Panthéon est à nos pieds, tout comme le très couru quartier Trastevere. Plus loin, on distingue l’emblématique monument Vittorio Emmanuele ainsi que le Forum Romain.

Une guide espagnole criait tout cela avec entrain à quelques pas de mes oreilles, ce n’est donc pas mon sens de l’orientation supersonique qui m’a mise sur la piste. J’aurais trouvé toute seule… plus tard, bien plus tard.

Il faut alors se faire violence et décoller des bancs qui pullulent de toutes parts. Quitter cette activité prenante qu’est la contemplation et se remettre en marche : Rome se découvre à pieds !

* à proximité: le vieux magasin « Antica Caciara », temple de la ricotta, repère privilégié pour un repas sur le pouce. 140, Via San Francesco a Ripa

* poursuivre sur sa lancée: au pied de la colline, on pourra continuer à se balader tranquillement dans l’élégant Jardin Botanique, aux allures japonaises.

 

// A manger illico presto avec les doigts

* Troquer le croissant pour un cornetto…

Parfois on nous trompe, avec des imitations sorties du micro-ondes et saupoudrées de sucre impalpable à la va-vite… Un vrai cornetto doit fondre ! Il faut accompagner cette pâtisserie ultra fraîche d’un café parfumé.

* Le cannolo

Pour s’initier à la pâtisserie sicilienne, on peut mordre dans les variantes du cannolo : avec des tranches d’orange, des pistaches ou au chocolat…

Attention, son fourrage à la ricotta ne doit être rajouté qu’au moment de la commande, sinon gare à la contrefaçon !

* La pizza bianca

Je pensais connaître l’art des pizzas… Puis je suis rentrée dans la première pizzeria venue, et j’ai découvert la pizza blanche !

Foccacia à l’huile d’olive, au sel marin et parfois saupoudrée de romarin, c’est une pizza sans farce, terriblement croustillante, et vendue au poids.

On l’accompagne souvent de ricotta et elle peut aussi se décliner con fiori di zucca, à la fleur de courgette, ou con fichi, avec des éclats de figues…

 

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Posted on
Jeudi, décembre 20th, 2012
Filed under:
Italie.
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16 Comments to “Rome, Bianco e nero”

Merci pour cet article.. Je pars pour un week-end à Rome début mars… J’ai hâte d’y déambuler… ! Et c’est vrai, tout le monde dit qu’à Rome, on marche beaucoup…beaucoup…

février 7th, 2013

[...] cite ce blog qui m’a donné envie [...]

janvier 31st, 2013

Je suis pour ma part totalement amoureux de Rome: quel bonheur de déambuler dans les rues, les ruelles, de déboucher sur les innombrables places… De marcher tranquillement dans le Forum sous un ciel azur! Seul petit hic, il faut bien chercher pour trouver les endroits (restaurants, hôtels, chambre d’hôtes) qui s’adressent aux romains, aux italiens et non aux touristes. Il faut y aller en ayant bien préparé son budget !

janvier 22nd, 2013

@ Xtinette: coucou miss!
Je crois qu’il est impossible de vouloir être objectif avec l’Italie… avec des origines italiennes, je comprends que cela soit un combat perdu d’avance pour toi!

Je ne connais pas encore la Sicile, mais tous les échos sont excellents et je veux découvrir cette île. Il y a plusieurs options de volontariat en plus… :)

Rome, j’ai déjà envie d’y retourner…

Alors l’italien, ça avance! J’ai travaillé en Toscane, dans une réserve de chevaux, et cette expérience en immersion a grandement boosté mes connaissances. Mais un mois n’est pas suffisant. J’en veux plus! A suivre :)

Je te souhaite une très belle année miss!

@ Jeremy: c’était (trop) calme en février?

@ Mélissa: je finirai par croire que tu as toutes les bonnes adresses…
Tu me montreras ce repère de la pizza?
A bientôt miss

@ Curieuse Voyageuse: je te dois un plat de pasta Lili!

NowMadNow

décembre 30th, 2012

J’adore Rome ! Suis-je objective ? Bon, je suis italienne certes mais… de Sicile ! Donc oui, totalement objective ;-) Rome est chargée de poésie, Rome est propice à la balade, à la rêverie, au voyage dans le temps… Comme tu dis, Rome est abordable… Rome me semble accessible à chaque fois que j’y vais, je m’y sens bien… Le préjugé de la dolce vita peut régner sans crainte ! Rome est douce, Rome est belle… je pourrais y vivre ! Et d’ailleurs, tu parles italien après tout ce temps là-bas ? Belles fêtes de fin d’année et belles aventures pour 2013 !

décembre 30th, 2012

Rome est une ville animé mais pas au moment ou nous y sommes allés (en février dernier).

Tiens tiens original la pizza vendu au poids, je ne connaissais pas, je vais regardé sur google tiens.

décembre 30th, 2012

@ Nowmadz : He bien je n’ai pas encore trouvé… par contre, on a une super mini-chaîne de pizza al taglio de la mort qui tue… « Mamma Roma ». Je certifie que c’est bon comme là-bas! Mais ils ne font pas de pizza bianca. Je vais peut-être le leur souffler

décembre 29th, 2012

Hmmm alors bon: j’ai plus envie que jamais d’aller me perdre à Rome et j’ai presque faim – alors que c’est une Aurélie littéralement « gavée » par Noël qui écrit!
Merci pour cette balade curieuse et gourmande!

décembre 26th, 2012

@ Mélissa: encore merci pour la jolie proposition que tu as glissée dans ma boîte mail! Je dois la décliner pour l’instant, mais ce n’est que partie remise Mélissa.
La pizza bianca… As-tu aussi des fournisseurs attitrés dans le petit Royaume?

Bonne année miss!

@ Adil: la pizza met tout le monde d’accord :)
Un cours sur la fabrication artisanale de pizza m’a filé sous le nez… j’ai bien râlé!

@ Fanny: Afrique ou Asie? Mais les deux!

@ P. : ce sont ces petits détails qui me passionnent!

@ Mr Panda: merci m’sieur! Je te souhaite une très bonne année et… elle risque de l’être puisque tu pars dans l’une des régions les plus contrastées de la planète!

@ Gino: parole d’Italien? :)

Faut-il vraiment bouder les musées… Je l’ai fait, je préférais déambuler et tenter de saisir des bribes de la vie quotidienne, mais je suis aussi certainement passée à côté de chef-d’oeuvre uniques.

Merci à toi d’être passé par ici!

@ Max: ah je suis ravie que ces conseils t’aient aidé :)
A bientôt mister

NowMadNow

décembre 26th, 2012

Hmmm… la pizza bianca et son petit goût de romarin. Rien que d’y penser, je salive!!!
Buon Natale!

décembre 25th, 2012

Je demande un article entier sur la pizza !

décembre 20th, 2012

Coucou copine,

on se voit en Afrique ou en Asie alors? :)

Rome, ce sera pour quand on sera bloquée en Europe…

décembre 20th, 2012
Fanny

Mais… tu me mets l’eau à la bouche mademoiselle :)

J’aime ta façon de décrire ces petits éléments qui font vraiment le charme des villes.

P.

décembre 20th, 2012
P.

 » l’atmosphère d’une ville mille-feuilles. »

Mais que j’aime tes Post ….

décembre 20th, 2012
Mr Panda

Comment ne pas être fan de Roma??

Je suis italien et je vais très souvent dans cette ville qui effraie parfois mes compatriotes: trop d’histoire, de circulation, de choses à voir…

Tu as eu la bonne approche: prendre son temps et ne pas rester dans les musées!

Ciao bella

décembre 20th, 2012
Gino

Ah très sympa! Comme tu me l’avais conseillé, j’ai pu obtenir la même chambre sous les toits…

Mais je n’ai eu que trois jours sur place et tu me donnes plus que jamais envie d’y retourner!

Merci la miss

décembre 20th, 2012
Max
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