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De retour en Thaïlande

Petite bulle

C’est bon d’être dans un avion, d’être dans un micro-espace cotonneux et de cogiter sur ce qu’on a fait, sur ce qu’on va peut-être faire. Je ne parle jamais beaucoup dans un avion, c’est un peu gâcher le plaisir de la rêverie.

Il y a quelques mois, j’ai pu me glisser dans le cockpit d’un avion de ligne. Là c’était si intense, il fallait tout capter, retenir les gestes des pilotes, leur chorégraphie technique, et regarder la mer, les dégradés des îles, les Antilles égrenées en dessous de nous.

Mais en général, je me calfeutre dans mon siège, trouve vite mes marques, et fais malgré moi le point sur les semaines et les mois qui passent. Etonnamment c’est toujours dans un avion ou dans la vitesse d’un train que je pense à mon père décédé il y a si longtemps. Sur un siège numéroté, ça remue les voyages immobiles.

Je pense à tout ce que je fais mécaniquement dans la vie quotidienne, la spontanéité qui s’étouffe dans les habitudes. Je respire différemment, je pense à mon homme, à mes petites soeurs que je ne vois pas assez. A ce que j’ai fait et à tout ce que je n’ai pas fait. La petite voix qui s’exclame “et alors?!”. Je ne sais pas. Je ne sais pas.

Je sombre dans un sommeil sans rêve jusqu’aux cliquetis des charrettes du petit-déjeuner.

……………..

Pour la première fois, j’ai été complètement perdue: est-ce le soir ou l’aube. Arrivée sur le tarmac de Bangkok, je souriais en ne sachant pas dans quelle tranche horaire ce voyage commençait. Ca a perduré une heure je crois.

Je suis heureuse de retrouver Bangkok. La ville m’avait fait un peu peur il y a des années: les premiers jours, je suis toujours à pied, mais s’aventurer au hasard, sans plan ni indice, dans cette immense ville verticale n’était pas la meilleure des approches. Alors j’ai cuisiné, cuisiné, cuisiné pendant un mois. A l’époque, cela faisait des mois que je n’étais pas rentrée chez moi, j’étais sans doute fatiguée et j’avais juste envie de manier les saveurs, doucement, sans me perdre, en dosant les ingrédients, les herbes fraîches. Et puis parfois, on se cherche des excuses dans un long voyage en solo.

Ce premier voyage culinaire en Thaïlande m’avait requinquée, et j’ai pu continuer ma route vers la Birmanie.

Mais évidemment j’étais passée à côté de tout à force de travailler dans mon atelier de cuisine. Ce second voyage, des années plus tard, allait me surprendre et tout remettre à plat.

Sabai-dee!

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Séjour en pleine nature: l’itinéraire détaillé

Je reçois souvent des petits mots inquiets de voyageurs en partance, perdus en élaborant leur itinéraire de voyage. Je vais donc détailler ici mon itinéraire pour ce voyage très nature en Thaïlande: dix jours pour se ressourcer voluptueusement, déconnecter, être extatique devant des paysages bruts et foudroyants, des pics à escalader et des îles de sable blanc.

Jour 1: Arrivée matinale à l’aéroport international de Bangkok (Suvarnabhumi Airport). On file vers l’hôtel LIT Bangkok Hotel & Residence  afin de déposer ses affaires et avaler goulûment un petit-déjeuner sucré-salé pour s’extirper du décalage horaire vaporeux. Une petite balade dans le quartier pour renouer avec les parfums de Bangkok, puis on confie ses muscles noués aux mains divines d’une masseuse au Rarin Jinda Wellness Spa (Ratchadarmi). Très vite, on ronronne de bonheur en suivant le rituel de soin: gommage, douche chaude, long massage aux huiles essentielles (j’ai choisi les notes stimulantes et purifiantes du gingembre). On s’est tous endormis comme des nouveaux-nés à force de caresses. Hmmm. Se réveiller dans un spa est une magnifique expérience!

A pied, on se dirige vers le restaurant Erawan Tea Room, qui propose une véritable découverte des mille saveurs de la cuisine thaï dans une valse de petites assiettes élégantes et parfumées. Béatitude complète.

C’est l’heure de découvrir sérieusement Bangkok! J’opte pour une balade dans le quartier de Yaowarat, le Chinatown de la ville, puis m’assieds longuement dans un temple bouddhiste. Dans un petit coin, sur un coussin ramolli, je regarde les gestes des fidèles.

Je reprends le métro aérien de la ville pour retrouver les amis à la Phrom Phong Station. La nuit tombe, mais Bangkok semble plus vivante que jamais. On s’engouffre dans un quartier où pullulent les restaurants. On s’arrête dans l’élégant R.E.234 (Rama VI) en piochant volontiers dans les assiettes des voisins.

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Jour 2: On prend un vol d’une heure et quart vers la ville de Surat Thani, au sud de la Thaïlande, afin de rejoindre la réserve naturelle de Khao Sok, véritable éden. Puis en file indienne, on s’installe sur un bateau en bois pour traverser le lac Chieaw-Larn et admirer les roches qui s’arrachent du lac d’eau douce. Sur l’eau, j’ai l’impression d’être sur une Baie d’Halong déserte et préservée.

Là on est en pleine nature. Je conseille de passer au moins une nuit sur le lac, le paysage donne le tournis tant c’est beau. On y séjourne dans des chalets posés sur le lac au 500 Rai Floating resort. Je vous en reparlerai longuement.

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Jour 3: On profite encore et encore de la nature de la réserve naturelle de Khao Sok. Kayak, trek dantesque et observation des gibbons et des oiseaux multicolores: cet endroit est magique et on se sent comme seuls au monde.

Jour 4: A l’aube, sur un petit bateau en bois, on tente de ne pas être repérés par les animaux. Verra-t-on des éléphants et leurs petits s’abreuver au bord du lac? L’excitation fait pétiller nos yeux.

On boucle nos valises avec mélancolie. Personne n’a envie de quitter cet endroit.

On reprend la route vers Pattalung (environ quatre heures de route). On reste dans la thématique de l’eau en prenant nos marques en face du lac Talae Noi rose de nénuphars, dans les cottages infiniment romantiques du Sripakpra Resort.

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Jour 5: C’est à l’aube que prend vie le lac Talae Noi. Il faut voir les gestes des pêcheurs qui oeuvrent dans l’une des plus belles réserves ornithologiques de Thaïlande.

Je prends des centaines de photos, à mesure que le soleil anime les roseaux. Deux jeunes frères pêchent des petits poissons argentés, répétant les techniques ancestrales du lac. On les fait rougir en les trouvant tellement beaux.

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Jour 6: On quitte Tale Noi après un dernier petit-déjeuner face au lac et ses pêcheurs. On prend la route pendant deux heures pour découvrir la région en pagayant dans les rapides de Nan Mod Daeng. J’adore le rafting, même si je ricoche toujours dans des directions plus qu’hasardeuses…

On se dirige alors vers la province de Trang et plus particulièrement l’Anantara Si Kao Resort. Je me souviendrai toujours de la sensation que j’ai eue en entrouvrant les rideaux de ma chambre. Cette vue me reste dans la rétine, les bancs de sable blanc, les îles environnantes, et ce ciel si vivant.

Jour 7: Trang, généreuse et gourmande, se découvre à la fois en tuk-tuk et en bateau. On commence par s’imprégner des îles, territoire des fantasmatiques dugons, mammifères marins à la bouille inoubliable. Le temps s’arrête quand on atteint la petite île de Koh Kradan, l’une des plus belles îles du monde.  Son eau turquoise nous a retenus pendant des heures, tandis que nos amis thaï veillaient scrupuleusement à se cacher du soleil.

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Jour 8: Trang est la capitale culinaire des dim-sum. Des familles au grand complet réservent de grandes tablées pour déguster des hordes de paniers vapeur au petit-déjeuner. On s’est faufilés parmi eux, et on a divinement mangé, mangé, mangé.

Jour 9: Vol retour vers Bangkok (une heure quinze de vol depuis Trang). On découvre l’hôtel Movenpick Sukhumvit 15, son roof-top affolant et ses jolis éléphants calligraphiés sur les murs. Au Lelawadee Restaurant, nommé ainsi pour les fleurs blanches sacrées adorées par les Thaïlandais, un chef allemand nous démontre tout son amour pour la gastronomie thaï. Je reprends encore de la mangue et du riz gluant infusé au lait de coco.

L’après-midi, je suis heureuse de prolonger ma découverte de Bangkok, cette fois via ses marchés flottants et ses petites maisons qui ont gagné le surnom de « Venise asiatique ». Bangkok a plusieurs personnalités. On quitte la verticalité de son centre-ville si moderne et vivant, pour entrer dans un monde glissant sur l’eau.

J’espère que ces adresses et cet itinéraire zen à travers la nature thaïlandaise vous donnera de l’inspiration pour élaborer votre propre voyage. N’hésitez pas à revenir par ici pour partager vos impressions et vos coups de coeur.

 

Written by | NowMadNow

Ce long voyage était prévu, fantasmé, mais pas comme ça! J'ai abandonné mon itinéraire pour créer un tour du monde aléatoire, ouvert aux rencontres et aux opportunités qui émergent toujours en chemin. Envoyez-moi un petit mot, on ira boire une jerricane de thé... quelque part.

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4 Comments

  1. Jo

    10 novembre 2016 at 16 h 13 min

    C’est bon de te lire à nouveau, tu as dû etre si occupée. Tes photos deviennent de plus en plus fortes!

  2. argone

    10 novembre 2016 at 18 h 17 min

    J’en avais déjà envie avant de te lire …. quel beau voyage, cela ressemble au paradis … j’espère avoir l’occasion d’y aller un jour

  3. unfrancaisacm

    14 novembre 2016 at 4 h 23 min

    Hey !
    Je viens de tomber sur ton article. Moi j’habites a chiang mai et j’adore ca. tu n’en parle pas dans ton article. Pas de sejour dans le nord prevu ?

    En tout cas j adore tes photos !

    PS ; Tu fera gaffe, ton lien sur la page fb semble cassé

  4. Luc

    20 février 2017 at 7 h 27 min

    C’EST UN MAGNIFIQUE VOYAGE , TRÈS ÉQUILIBRÉ, ET TRÈS DIVERSIFIÉ!