La nourriture berlinoise… Vraiment ? De l’extérieur, elle se réduit à quelques clichés très tenaces: saucisses et doughnut à l’allemande de type Boule de Berlin.
Non. Trois années passées à Berlin et j’ai complètement changé d’avis sur la gastronomie allemande, bien plus éclectique et ouverte que ce que l’on pourrait penser. Les Berlinois sont des palais exigeants, à la recherche de produits frais et variés, et en plus dans la capitale la moins chère d’Europe, ces bouchées sont étonnamment accessibles.
Parlez à quelqu’un qui a vécu ne serait que deux semaines à Berlin et abordez le sujet de la nourriture: la personne pourra certainement vous citer une dizaine de coups de cœur culinaires.
Achtung Baby : on – mange – très – TRES – bien – à –BERLIN !
// En mode germanique: pas si facile à trouver !
Il n’y a pas que les Currywurst ! On estime que 70 millions de ces petits agglomérats de viande (?) sont dévorés à Berlin tous les ans, il est temps de donner une chance aux autres étrangetés allemandes !
Une règle de base: l’intitulé du plat ne donne pas vraiment envie, mais le résultat sur les papilles est bien souvent agréable, merci cuisine allemande traditionnelle.
Essayer par exemple le Grünkohl in Kräuter, chou farci aux herbes fraîches, au Markthalle à Kreuzberg (Pücklerstrasse 34).
Et pour être plus Berlinois que les Berlinois, se faire des frayeurs avec la Leberwurst, saucisse de foie, assaisonnée avec du Sauerkraut, de la choucroute pardi ! Tout cela et bien pire, à expérimenter au Rogacki, au 145 de la Wilmersdorfer Strasse, dans le quartier de Charlottenburg.
Petite étrangeté teutonique: les Berlinois aiment beaucoup les asperges blanches… Quand c’est la saison, elles se déclinent sur tous les menus.
// Adopter le format pub/ café/ Kneipe/ Imbiss à la berlinoise
Un Imbiss à l’horizon ? Foncez jeter un œil !
Un endroit exigu, un peu enfumé, où les produits sont souvent frais et les prix ridiculement bas.
L’interdiction de fumer n’a pas tenu longtemps dans les pubs berlinois…
// En mode fusion turco-méditerranéenne
Goûter aux spécialités du restaurant Knofi, diminutif affectueux de la gousse d’ail, et se préparer à devoir opérer un vrai choix parmi toutes les préparations plus alléchantes les unes que les autres.
Des gössies, crêpes salées farcies à la viande et aux épinards, encerclées de houmous, crème de noisette, tatziki mousseux et autres surprises, les assiettes débordent d’ingrédients frais et parfumés. On y revient toujours une seconde ou une troisième fois !
L’adresse: Knofi, Bergmannstrasse 98, dans le quartier de Kreuzberg
// Le mariage turco-berlinois le plus populaire
L’un des meilleurs plats du monde pour la barbare que je suis… LE doner-kebab, construction mi-turc mi-berlinoise, est aussi populaire que la Currywurst. Ceux qui pensent l’avoir goûté ailleurs sont de doux rêveurs. Le doner-kebab est l’enfant terrible turco-berlinois.
Servi dans des immigrés turcs au début des années ’70, le « sandwich » est devenu une institution: viande extra fine-savoureuse-et-épicée, pain très gaufré et croustillant, sauce au yaourt ou à l’ail, surabondance de dés de légumes frais destinés à tomber sur vos pieds. Le doner berlinois, c’est aussi intense qu’une saltena bolivienne, un plaisir monstre !
// En mode brunch
Les Berlinois ont élevé le petit-déjeûner du dimanche en rituel. Gargantuesque bien sûr, mais varié surtout, branché, familial, sucré, salé… Je bruncherais toutes les semaines !
Il y a des colonnes entières pour trancher dans le vif: où mange-t-on le meilleur brunch berlinois ? Impossible de ne nommer qu’une seule adresse, le niveau est très haut à Berlin !
* Cayetano : pour 7 euros sonnants et trébuchants, on croquera dans une assiette plus que garnie, sirotera un jus frais de pomme, louchera sur la variété des pains croquants, les fruits joliment découpés, les légumes qui se marieront parfaitement aux jambons et aux fromages, un œuf mollet pourra joliment vous narguer… Ne pensez même pas à vider votre assiette !
Où : Kopernikusstr. 18
* Anna Blume: qu’est-ce que cette boutique de fleurs à double personnalité, où les arômes des plantes se mêlent à ceux du café ?
Cet endroit est un des lieux-phares où déguster un somptueux brunch dominical. Sur la terrasse ou dans l’intérieur cosy décoré d’une immense demoiselle de Mucha, on ne peut bouder l’immense plateau (pour trois ?) surchargé de fruits, pains, brioches, confitures, saumon fumé, jambon ou fromages… On peut aussi choisir à la carte parmi les crêpes, gâteaux, tartes salées, sucrées, viennoiseries, glaces et autres, l’offre y est vertigineuse et la présentation soignée.
Ne jamais y aller seul ! Et toujours penser à prendre un garçon affamé avec soi.
Où : Kollwitzstrasse 83, dans le quartier Prenzlauer Berg
// En mode pratique: apprendre l’art du café au cœur de Berlin
Avec 150 litres de café consommés par an, les Allemands sont exigeants sur la qualité de leurs décoctions. Après avoir suivi une formation très caféinée en Australie, j’ai eu l’excellente surprise de redécouvrir Berlin sous l’angle de ses petits établissements gourmands. Et… pourquoi ne pas devenir un barista hors pair dans la capitale allemande ?
Apprendre à doser les mélanges de grands crus de café, les textures aériennes et lactées du latte macchiato ou de l’expresso ? Un atelier pratique à ne pas manquer alors !
L’adresse : Berlin School of Coffee, Uhlandstrasse 171, dans le quartier de Charlottenburg. On peut y suivre des formations intensives de cinq jours, ou des formules express d’une journée.
// En mode avisé: ne jamais commander de Kölsche Kaviar
Fan farouche de Berlin, il fallait quand même que j’aborde le champ des nourritures cauchemardesques…
Trauma enfantin, le Kölsche Kaviar est un plat est à proscrire !
Ou alors faites des yeux de cocker affolé et laissez une bonne âme parentale prendre votre assiette.
Spécialité de la ville de Cologne, il s’agit d’un boudin de sang truffé de billes épaisses de gras très blanc, heureusement que la New German Food a secoué certaines traditions !
// Informations pratiques


Verdammt ! Je suis démasqué.
Pour la cuisine « traditionnelle », si je peux recommander une adresse : Zur letzten Instanz. Le jarret de porc à la purée de pois (Eisbein mit Erbspüree
accompagné d’une chope de bière est un modèle du genre.
Faut aimer le cochon, quoi… Et avoir de l’appétit aussi !
Merci pour toutes ces adresses! C’est vrai que la nourriture allemande est souvent succulente, même si les noms complexes ou à rallonge nous laissent parfois perplexes au premier regard!
@ Eisbein mit Erbspüree: Mathieu, tu es démasqué! Tu m’as fait RIRE avec ton message!
Ah ça sent le vécu ![]()
On trouve quand même de tout à Berlin, ça me sidère à chaque fois. Il y a un petit resto afghan que je dois tester… sans choux, sans camembert pané! La cuisine « traditionnelle » allemande se fait assez rare je trouve, il y a beaucoup d’influences étrangères, des mélanges très très intéressants, toute une culture plutôt « Slow Food » basée sur des produits de saison.
Quant à ton anecdote sur le vomi de Kölsche Kaviar, franchement que puis-je rajouter à cette image?
NowMadNow
Bah dis donc ! Chapeau ! Toute plume dehors, tu vendrais des chaussures à un cul-de-jatte ![]()
On est d’accord sur un point : la meilleure cuisine berlinoise, c’est celle qui vient d’ailleurs.
Parce que les Knödels, les camemberts panés à la confiture de groseille et cette manie de mettre du choux PARTOUT, jusque dans le couscous… Sur la fin de mon séjour, ça me rendait irritable… Quant au Kölsche Kaviar, il traumatise même les petites têtes blondes de Rhénanie-Westphalie, qui le vomissent jusque sur mes pompes (si !)